La caverne d’Ali Dabaab

UNHCR annonçait hier que la Fondation Ikea a fait un don historique de 62 millions de dollars pour contribuer à l’initiative d’extension du complexe de camps de réfugies à Dabaab. Ce don représente la plus grosse contribution privée que UNHCR ait jamais reçu en 60 ans d’existence.

Dabaab

C’est en 1991 que le complexe de réfugiés – qui deviendra le plus grand du monde – a vu le jour pour accueillir quelques 90 000 réfugiés de la guerre civile en Somalie. Aujourd’hui, plusieurs personnes venant du Soudan, d’Éthiopie et d’autres pays limitrophes décident de rejoindre Dabaab pour fuir la guerre civile, la famine ou la sècheresse. Aujourd’hui, le complexe fonctionne en surcapacité en accueillant 440 000 de personnes dont 150 000 sont arrivées au cours des 3 derniers mois. Depuis ses débuts, c’est l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) qui a pour mandat d’administrer le complexe. UNHCR travaille avec plusieurs ONG humanitaires comme Handicap International ou  Care qui sont ses partenaires opérationnels sur le terrain.

Les besoins de Dabaab

Tous les jours, près de 12 000 de personnes prennent la route vers Dabaad, souvent à pied, au péril de leur vie. Hommes, femmes et enfants de tout âge, traumatisés par les atrocités de la guerre ou affamés y vont, en quête d’un avenir meilleur. Pour beaucoup d’entre eux, le séjour à Dabaab sera plus long que prévu si bien que le camp deviendra un «second chez eux». La situation des pays de l’Est de l’Afrique a été telle qu’elle a généré d’importants flux migratoires vers les camps de la région, et vers Dabaab en particulier. En effet :

  • Les nouveaux arrivants ont besoin d’assistance médicale d’urgence : beaucoup souffrent de malnutrition chronique, ont besoin de vaccins et de médicaments.
  • Chaque famille a besoin d’un kit de bienvenue qui comporte entre autre des couvertures, une tente, des ustensiles de cuisine et  produits de première nécessité.
  • Le camp a besoin de plus d’installations sanitaires pour servir la totalité de la population et éviter les épidémies comme celle du choléra.
  • Il faut pouvoir offrir des services de base tels que l’éducation, la santé, car si la situation dans leur pays d’origine ne s’améliore pas ou  si le processus de réinstallation dans un pays étranger est trop long, le séjour des réfugiés à Dabaab risque d’être long.
  • Beaucoup de réfugiés, traumatisés par les expériences qu’ils ont vécues dans leur région d’origine ont besoin de suivi psychologique.
  • Il faut garantir la sécurité des réfugiés autant pendant leur séjour au camp que lorsqu’ils transférés vers un camp voisin.
  • Il faut arriver à créer une communauté au sein des camps pour faciliter l’intégration des réfugiés et créer un sentiment de solidarité provenant de groupes soutien.
  • Les camps de réfugiés sont conçus pour être des lieux de transition vers un pays d’accueil mais souvent, la lenteur et les contraintes du processus d’immigration des pays d’accueil font que les séjours sont de plus en plus longs, ce qui ne contribue pas à désengorger le complexe.

Pourquoi la cause des réfugiés est importante?

Selon moi, la situation des réfugiés constitue un drame humanitaire important qui est malheureusement méconnu. Des millions de personnes se retrouvent «suspendus dans le temps», un peu comme si leur vie s’était arrêtée. Ils ont difficilement accès aux services de base, doivent vivre avec des traumatismes physiques et/ou psychologiques. Les réfugiés représentent les «oubliés» des drames humanitaires. Certes une partie de l’aide devrait être allouée à la reconstruction d’une région victime de crise humanitaire, de catastrophe naturelle ou humaine, mais les réfugiés  sont encore plus vulnérables. Ils souffrent d’abord des traumatismes causés par les raisons qui les amènent à rejoindre les camps mais doivent aussi survivre dans des conditions précaires longtemps après la crise dont ils ont été les victimes.
Beaucoup de ces réfugiés sont des enfants et leur séjour dans les camps, sans assistance adéquate, pourrait compromettre leur futur : il faut investir dans leur éducation et leur offrir des services médicaux adaptés. Les programmes humanitaires devraient systématiquement inclure des volets de prise en charge des réfugiés. En plus de fournir de l’aide d’urgence, les pays donateurs devraient systématiquement s’offrir d’accueillir un plus grand nombre de réfugiés et contribuer à l’amélioration des conditions de vie de ces derniers dans les camps.

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