Responsabilité sociale des entreprises : 4 stratégies

Dans mon article précédent, j’ai introduit la notion de Responsabilité sociale des entreprises (RSE). Que ce soit un choix ou une nécessité, les entreprises qui se disent responsables adoptent des stratégies différentes.

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À priori, il semble y en avoir 4 principales :

Sponsoriser les organismes sociaux

Dans ce cas de figure l’entreprise démontre sa responsabilité sociale en supportant les initiatives d’organismes à vocation sociale. Cette stratégie prend généralement la forme de don (don d’argent, matériel, services etc.). Ce type d’engagement est contractuel et peut être récurrent ou ponctuel.

C’est la stratégie que MTN, leader sud-africain dans le secteur des télécommunications en Afrique, a choisie. L’entreprise offre de sponsoriser des projets pour encourager le talent local dans les domaines du sport et de la culture.

Tenir compte des parties prenantes

C’est dans ce cas de figure que les entreprises internalisent vraiment la notion de responsabilité sociale. La RSE fait alors partie de l’ADN de l’entreprise car cette dernière l’intègre dans son fonctionnement.

C’est le cas de L’Oréal qui s’engage à préserver le bien être social à travers plusieurs aspects :

Les ressources humaines

L’entreprise s’engage à suivre des principes égalitaires pendant le processus d’embauche, à offrir des conditions de travail supérieures à ses employés et les encourage à être de bons citoyens (recyclage, volontariat etc.).

  • La chaine d’approvisionnement : L’Oréal s’engage à favoriser le partenariat équitable avec ses organismes. Par ailleurs, elle sponsorise plusieurs initiatives solidaires à travers le monde.
  • Le marketing : l’entreprise investit des millions en recherche et développement pour offrir des produits et utiliser des processus toujours plus verts.
  • L’impact social : L’Oréal supporte aussi des projets solidaires en aidant les petits entrepreuneurs du Sud à développer leurs activités.

Créer une fondation

De plus en plus d’entreprises le font. Dans cette stratégie, on utilise l’image de marque comme effet de levier pour faire connaître la fondation. Même si la fondation est une entité différente de l’entreprise, l’une aide à faire avancer la mission de l’autre. La fondation devient la représentation de la RSE tandis que l’entreprise finance les projets de cette même  Fondation.

L’exemple le plus marquant est celui de la Fondation Bill et Melinda Gates – si on s’entend sur le fait que Bill Gates représente le symbole de la compagnie Microsoft dont il est un des fondateurs. La fondation agit à part entière comme une ONG en finançant des initiatives pour le développement et en se positionnant comme un acteur de la gouvernance internationale quand il s’agit de développement.

Est ce que la fondation, forme évoluée de la RSE, menacerait la survie des ONG de développement ?

À priori non, du moins pas pour le moment. Il serait bon de remarquer que même si elles sont à vocation sociales, beaucoup de Fondations d’entreprises agissent comme bailleurs de fonds en finançant les activités d’ONG, qui sont des spécialistes du terrain. La Fondation Bill et Melinda Gates est notamment entretient un partenariat avec l’ONG ONE.
Selon vous, quelle est la stratégie qui a le plus d’impact social? Personnellement, j ai tendance à penser que c’est la deuxième. Parce que de cette façon, l’entreprise intériorise les valeurs sociales dans son propre fonctionnement et pose en plus des actions solidaires. Le modèle de la Fondation Gates est séduisant mais il faut aussi dire que le cas Gates et exceptionnel. Enfin, le fait de créer une entité sociale à l’extérieur de l’entreprise ne garantit pas que l’entreprise continue à fonctionner de façon responsable. Qu’en pensez vous?

4 Commentaires :

  1. Bonne question, je pense que les entreprises privées sont surtout motivées par des critères commerciaux. Toutefois, dans ce cas-ci, ce n’est pas tellement l’intention qui compte, c’est le résultat. C’est le win-win parfait. Même si Énergie-Cardio n’organisait son P2P pour Opération Enfant Soleil strictement pour des raisons commerciales (je ne dis pas que c’est le cas), serait-ce bien grave ? 400 000$ sont amassés et remis à l’organisme grâce à ce P2P. Tout le monde y gagne : l’OBNL, l’entreprise et les participants qui vivent une belle expérience tout en étant valorisés.

    1. Très bonne réponse Martin. Je trouve cette approche un peu cynique mais très réaliste et quand on regarde les résultats. A court terme c’est vraiment du win-win. Merci d’avoir clarifié ceci. Ça me donne de quoi réfléchir pour un prochain article. Merci!

  2. Hello Martin, merci pour ton commentaire. En effet c’est une situation win-win. Mais si on se place du point de vue de l’entreprise, penses-tu que la responsabilité sociale des entrprises soient une stratégie de vente ou bien une prise de conscience réelle?

  3. C’est du win-win quand les entreprises font preuve de responsabilité sociale. Selon moi, les défis caritatifs organisés par les entreprises (P2P corporatif) vont prendre une place de plus en plus importante. L’entreprise offre à ses meilleurs employés la possibilité de relever un défi physique (escalader une montagne), ceux-ci font une collecte de fonds pour un OBNL de leur choix (idéalement un choix stratégique lié aux valeurs de l’entreprise) et tout le monde est gagnant. L’OBNL reçoit 100% des revenus et l’entreprise améliore son image corporative tout en offrant une expérience enrichissante à ses employés. En voici un bel exemple : http://www.ode-tactic.com/voirgrandpourlenfance

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