Java House le Starbucks africain qui sert du café africain aux africains

Beaucoup de pays africains sont producteurs de café. Les pays du continent sont notamment reconnus pour la qualité de leur café arabica pourtant la culture des coffee shop n’y est pas répandue.

Java House, la maison du café de l’Afrique de l’Est

Dans la série les startups qui font bouger l’Afrique, je vous emmène aujourd’hui à la découverte de Java House, un coffee shop venu du Kenya.

Java House a été créée en 1999 à Nairobi par Kevin Ashley, un américain qui vit au Kénya depuis plus de 20 ans. JH a été créé dand le but de promouvoir le café et de capitaliser sur l’émergence d’une classe moyenne dont les habitudes de consommation commençait à changer. Le concept n’est pas nouveau : il s’agit de réunir des gens autour d’un bon café et dans un environnement agréable.

Le paradoxe du consommateur de café africain

Beaucoup d’africains sont habitués à consommer du café instantané

Les africains sont de grands consommateurs de café instantané premièrement à cause de son côté pratique (il est prêt en quelques secondes) et ensuite à cause de son prix (on peut en acheter en sachet individuel et on n’a pas besoin d’investir dans une cafetière). Par ailleurs, ce type de café est facile à conserver car il est venu en sachet individuel scellé ou dans des boites hermétiques. Le café vendu en grains doit être moulus au préalable et les versions déjà moulues perdent leur qualité au contact prolongé avec l’air. Enfin, la grande consommation d’instantanés est aussi le résultats d’efforts de publicité de compagnies telles que Nescafé qui sont présentes depuis plusieurs décennies en Afrique.

En gros, le café africain est souvent exploité par de grosses compagnies qui le destine majoritairement à l’exportation.

Java House, pour la promotion du café local

Le Kenya est traditionnellement un pays de buveurs de thé. La majorité de son café était destiné à l’exportation. JH a révolutionné les habitudes en convertissant des adeptes du thé au café grâce à la qualité de ses cafés et en démontrant qu’on peut consommer du café de qualité, tous les jours et à bon prix. Le fait que ses produits soient 100% locaux a aussi grandement contribué à son succès. À ses débuts en 1999, la chaine ciblait surtout les expatriés américains. 8 ans plus tard, 70% de ses clients étaient Kényans.

La classe moyenne locale change la donne

La classe moyenne africaine a la particularité d’être influencée par les tendances venues de l’étranger. C’est peut être dû au fait que beaucoup de ses membres sont issus de la diaspora de retour au pays ou tout simplement que ses habitudes de consommation (télévision, internet, journaux etc.) l’amène à faire se rapprocher des classes moyennes du reste du monde. C’est la classe moyenne Kényane qui a permis de créer le buzz autour de JH. Puis, par effet de mode, la consommation du bon café local s’est démocratisée et est devenue plus accessible à d’autres groupes comme les étudiants par exemple. Aujourd’hui, la majorité de leurs clients sont des Kényans de moins de 40 ans. 

Des ambitions panafricaines

Aujourd’hui la chaîne compte près de 40 établissements au Kenya et en Ouganda et envisage une expansion dans toute l’Afrique au cours des 5 prochaines années. Le Rwanda et la Tanzanie seraient ses prochaines terres d’accueil. En 2015, la compagnie a réalisé un chiffre d’affaire de 35 millions de dollars (32 millions d’euros)  et des ventes en hausse de 30 % par an. Elle s’est aussi diversifié dans les laitages  sous la bannière Planet Yogurt et la pizza sous le nom de 360 Degrees Pizza.

Une ambiance chaleureuse

Lorsque vous visitez le site internet de JH vous pouvez tout de suite ressentir l’ambiance chaleureuse. C’est aussi ce que témoigne ces images de l’enseigne que le journal Le Monde.

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